Pour le chef les charges sont trop lourdes et les professionnels n’arrivent plus à investir dans leurs outils de travail. Le niveau des charges pèse à la fois sur les entreprises et les salariés. Thierry Marx dénonce la complexité du système de rémunération. « Quand on gagne 3000 € cela coûte 6000 € à l’employeur et le salarié se retrouve au final avec 2000 € », précise le chef. Selon lui, lorsque le salaire ne permet pas au salarié de s’épanouir, celui-ci peut être amené à arbitrer différentes options, comme un arrêt de travail ou une rupture conventionnelle.
Le président de l’Umih évoque son expérience dans certains établissements qu’il a dirigés. Il déclare que les arrêts de travail deviennent systématiques et a pu constater que 3 à 4 % des salariés pouvaient manquer à l’appel en fin de semaine, avec des arrêts de travail qui commençaient le vendredi. Il faut savoir qu’entre 2019 et 2024, les arrêts de travail ont augmenté de plus de 10 %.
Augmenter les salaires mais il faut nous aider
Le chef ne s’oppose pas à une hausse des rémunérations. Il demande simplement que les entreprises puissent réellement la financer. "Augmenter les salaires, oui, mais il faut nous aider à le faire !", a-t-il lancé. Pour lui, le système actuel reste trop complexe et finit par peser sur l’emploi comme sur les salaires.
25 fermetures de restaurant par jour
Parallèlement, les restaurants continuent de fermer à un rythme inquiétant. « Selon les derniers chiffres, on ferme 25 restaurants par jour en France » déclare Thierry Marx. Pour de nombreux restaurateurs, qui proposent des plats fait maison, après avoir payé toutes leurs charges, ils ne leur restent qu’une marge de 2%.
Il demande au gouvernement de mener un travail de fonds pour redonner confiance aux entrepreneurs.
La TVA une ligne rouge
À l’approche de l’élection présidentielle, plusieurs syndicats et candidats avancent des pistes pour financer le modèle social. Parmi elles figure une éventuelle hausse de la TVA. Patrick Martin, président du Medef, a notamment proposé une augmentation de 2% de la TVA afin de transférer une partie du financement de la protection sociale vers la fiscalité.
Une perspective à laquelle Thierry Marx se montre fermement opposé. « Nous, la ligne rouge de la TVA, on y fait très attention », a-t-il déclaré, estimant qu'une hausse pénaliserait la consommation dans un secteur déjà fragilisé. La TVA est actuellement de 10% pour la restauration sur place et de 5,5% pour les établissements de restauration rapide. Thierry Marx souligne d’ailleurs que le fast-food a désormais dépassé la restauration traditionnelle en termes de marché.
Publié par Pascale CARBILLET
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